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Jaymond. 3
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' bontés qu'elle avoit bien voulu avoir pour lui à la recommandation de fa • mère ; que ledit Jaymond s'étant rendu utile dans la maifon dudit fieur Morlot, il a cherché les moyens de Ie rendre également utile à ladite dame Melcot qui alors avoit renvoyé fon domeftique ; que ledit Jaymond annonça alors i. lacjitp dame Melcot que fés appointemens étoient trop faibles, qu'il défireroit lui être * utile parfois dans fon commerce et notamment pour les différentes commiffions concernant ledit commerce ; qu'elle a bien voulu accepter fa propofition dans la vue de l'obliger ainfi que fadite mère. En conféquence elle lui a donné de l'ouvrage à faire concernant le commerce de couleurs qu'elle fait ; qu'elle a eu des bontés pour ledit Jaymond", auquel elle a bien voulu donner la nourriture ainfi que ce qui pouvoit lui appartenir pour raifon de fon travail chez elle ; qu'il eft arrivé audit Jaymond de préfenter tant auxdits fieur et dame Morlot qu'à ladite dame Melcot des billets du fpectacle des Variétés où il eft acteur, ainfi qu'il eft ci-deffus dit ; qu'il a ceffé de travailler chez ladite dame Melcot; que cependant, d'après Ies bontés qu'elle a eues pour lui, il a cru devoir lui rendre des vifites qui ont été rejetées de la part de ladite dame au moyen de ce qu'il ne travailloit plus chez elle ; qu'il a paru s'habituer à continuer fés vifites à ladite dame Melcot qui lui a dit qu'elle n'entendoit pas qu'il lui en
. rende aucune, qu'elle lui avoit payé ce qu'elle lui devoit, que d'ailleurs il devoit fe rappeler qu'il étoit venu nombre de fois chez elle pris de vin, que dans cet état il y avoit fait tout le tapage poffible, ce qui avoit feandalifé fon voifinage, et lui a dit en termes très-exprès qu'il ait à ne plus revenir chez elle ; que ladite dame Melcot ayant rencontré le jour d'hier fur le foir ledit Jaymond rue des Foffés-du-Temple, ce dernier a ofé l'aborder, lui a tenu les propos les plus indecens et les plus infultans, qui ont donné lieu à la plus grande efclandre et qui ont mis ladite dame Melcot dans le cas de requérir la garde à l'effet de le faire arrêter vû lefdites infultes pour être conduit chez
■ le premier comtniffaire ; qu'ayant ledit Jaymond reconnu fés torts - il a prié ladite dame Melcot de ne le pas faire conduire chez un commiffaire ; qu'elle # n'a eu aucun égard à cette prière vû lefdites infultes et efclandre qui ont donné lieu à un attrouppement confidérable; qu'il a été conduit par-devant nous ledit jour d'hier par Ia garde et après l'avoir entendu ainfi que la dame Melcot nous lui avons enjoint et même fait défenfe très-expreffe de ne plus à l'avenir infulter ladite dame Melcot en aucune manière, comme auffi d'aller chez elle . fous tel prétexte que ce foit, et au moyen de la promeffe qu'il a faite à ladite dame Melcot de ne plus aller chez elle ni mème de l'infulter d'après lefdites défenfes par nous à lui faites et des exeufes qu'il a faites à ladite dame Melcot, en notre préfence, nous l'avons fait relaxer, par grâce, du confentement de ladite dame Melcot ; et comme ladite plaignante a l'intérêt le'plus fenfible d'empêcher qu'à l'avenir elle foit infultée par ledit Jaymond et de le faire punir comme il le mérite relativement auxdites infultes qu'il lui a faites publiquement, elle eft venue nous rendre la préfente plainte.
Signé : F- Melcot ; Bourderelle.
(Archives det Com!"., n° 1080.) v
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